Lorsqu’il faut choisir un traitement pour un jeune, il est important de se rappeler que ce dernier peut présenter un ensemble complexe de facteurs. Chez les jeunes, des facteurs autres que le jeu sont souvent à la source du problème et doivent être pris en compte.
Selon Gupta et Derevensky (2000), les adolescents qui se présentent à leur clinique pour un traitement ont les caractéristiques suivantes :
- signes observables courants : anxiété ou trouble de déficit de l’attention ; agitation excessive ; ongles mordillés ; sommeil perturbé ; troubles de l’estomac ; incapacité de se concentrer sur ses devoirs scolaires ;
- 30 % de ces adolescents répondent aux critères de dépression clinique et 20% développent des symptômes de dépression après avoir mis fin à leurs activités de jeu ;
- leurs relations familiales et interpairs sont toujours soit difficiles, soit brouillées ;
- la plupart des amitiés qu’ils s’étaient faites avant de s’initier au jeu n’existent plus ;
- les activités de jeu les plus problématiques pour ces jeunes comprennent les paris sportifs, les jeux de casino et les appareils de loterie vidéo ;
- lorsqu’ils se mettent à chercher un traitement, la plupart connaissent déjà de graves difficultés financières et ont amassé des dettes allant de 3 000 $ à 25 000 $ ;
- l’échec scolaire est courant ;
- tous ont vendu des possessions, et la plupart ont volé de l’argent à leur domicile.
La documentation sur les programmes de traitement à l’intention des jeunes est peu abondante car les adolescents cherchent rarement à se faire traiter pour un problème de jeu. Résultat : les chercheurs n’ont accès qu’à très peu de données cliniques.
En 2000, le Centre international d’étude sur le jeu et les comportements à risque chez les jeunes a dit avoir accueilli 36 jeunes sur une période de cinq ans (Gupta et Derevensky, 2000) et déclaré que son programme de traitement, axé sur l’idée qu’un problème de jeu est dû en partie au besoin d’échapper à d’autres agents stressants sous-jacents, a pu éliminer avec grand succès certains comportement de jeu problématique et à prévenir des rechutes.
À la lumière de leurs expériences, Gupta et Derevensky (2000) émettent plusieurs recommandations. Ayant remarqué que beaucoup de jeunes commencent un traitement immédiatement après avoir abandonné le jeu et qu’ils demandent de l’aide pour s’abstenir de jouer et composer avec leur problème, les chercheurs recommandent aux fournisseurs de programmes de traitement d’être prêts à empêcher les rechutes dès le début du traitement.
Gupta et Derevensky (2000) discutent également des voies que prennent les adolescents pour trouver des services de traitement, dont les principales : orientation par leurs parents, des amis, des enseignants ou le système judiciaire ; Internet ; service de ligne d’aide téléphonique locale. Les chercheurs signalent aussi que beaucoup de jeunes qui s’adonnent au jeu orientent leurs propres amis vers un traitement car tous font partie du réseau social auquel appartient le « joueur typique ».
Un autre élément clé du traitement qui importe particulièrement aux jeunes est l’emplacement même des installations de traitement. Les jeunes peuvent hésiter à pénétrer dans un endroit trop visible. En outre, l’accès aux installations par les transports en commun est une nécessité pour ce groupe qui ne possède généralement pas de voiture ni d’argent pour se déplacer en taxi. Vu le manque d’argent des jeunes, Gupta et Derevensky (2000) recommandent de leur fournir un traitement gratuit.
Il n’est pas facile de persuader un jeune de suivre un traitement pour son problème de jeu. Étant donné les aptitudes qu’exige le travail auprès des jeunes, l’idéal serait d’avoir des intervenants qui aient des compétences supplémentaires en counseling sur le jeu, plutôt que le contraire.
Pour de nombreux jeunes, le counseling par téléphone est utile parce qu’il confère un niveau de confidentialité qui n’existe pas dans le counseling face-à-face traditionnel, et parce qu’il peut leur offrir un meilleur accès au traitement et leur permettre de se sentir moins intimidé lorsqu’ils demandent des conseils ou de l’aide pour leurs inquiétudes liées au jeu. Il en va de même pour le counseling sur Internet. Les jeunes, souvent forts en informatique, peuvent se sentir plus confiants et plus à l’aise s’ils cherchent de l’aide sur Internet.
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