Les études sur la prévalence du jeu révèlent de façon constante que, parmi les jeunes, le jeu et les problèmes de jeu sont des questions importantes. Or, pourquoi les jeunes sont‑ils si peu nombreux à chercher un traitement ? Selon le rapport de 2000 du DASIT (Drogue et alcool – system d’information sur le traitement) :
- les jeunes de moins de 16 ans représentent 0,2 % de la population recevant un traitement ;
- les 16 à 17 ans représentent 0,8 % de la population recevant un traitement ;
- les 18 à 24 ans représentent 5,8 % de la population recevant un traitement.
Après l’âge de 18 ans, on constate une augmentation en flèche du nombre de jeunes cherchant un traitement. Une combinaison de facteurs, et non pas un seul facteur, serait à la source de cette différence. En fait, dans leur rapport de recherche intitulé Why Don’t Adolescent Problem Gamblers Seek Treatment?, Griffiths et Chevalier (2001) avancent 10 explications pour cet écart, dont les suivantes :
- rémission spontanée ou disparition du problème de jeu de l’adolescent avec l’âge ;
- interventions constantes des parents venant à la rescousse du jeune ;
- manque de programmes de traitement ciblant les jeunes ou caractère inadapté des programmes qui existent.
En général, les jeunes et leur famille ne considèrent pas le jeu comme une activité comportant des risques. À cause de la stigmatisation associée à la recherche d’aide, les jeunes, souvent honteux d’être aux prises avec un problème peu connu, peuvent se montrer réticents à demander de l’aide.
Lorsque le système judiciaire et le personnel scolaire et communautaire ont affaire aux jeunes, ils ont souvent tendance à ne pas percevoir le jeu comme un problème grave et donc à le prendre moins au sérieux que la consommation d’alcool et d’autres drogues.
Il n’est pas rare de découvrir que les habitudes de jeu problématiques d’un jeune ne sont qu’une composante d’un ensemble plus large de comportements à risque élevé. Comme les groupes travaillant auprès des jeunes mettent davantage l’accent sur les questions liées à l’alcool, aux drogues, à la dépression et à l’activité sexuelle, ces problèmes peuvent souvent masquer l’existence d’un problème concomitant de jeu. L’application d’outils de dépistage par des personnes travaillant auprès des jeunes peut aider à cerner les problèmes de comportements de jeu chez les jeunes.
Même parmi les jeunes dont le problème a déjà été identifié, le manque de sensibilisation au sujet du jeu représente un obstacle de taille pour ceux qui veulent aider ces jeunes à composer avec leur problème de jeu. En outre, les programmes axés sur l’abstinence peuvent provoquer chez le jeune une réticence à demander un traitement.
Retour - Les jeunes et le jeu