Rosemary Hilbert

Les jeux de hasard et d’argent en Ontario sont maintenant accessibles aux personnes de tous âges, de toutes cultures et de tous groupes socioéconomiques, et nous constatons que si ces jeux peuvent être passionnants et offrir de l’exaltation et la perspective du gain, ils ont aussi de vastes répercussions sur le lieu de travail du joueur, sur notre système juridique et sur la vie de la communauté. Avant tout, c’est la famille du joueur qui s’en ressent lorsque le jeu n’est plus seulement un divertissement occasionnel. Ce chapitre décrit un certain nombre des problèmes et besoins des membres de la famille qui sont touchés par le jeu problématique, en particulier les problèmes affectant les couples, les enfants, les enfants adultes et les parents. Le gouvernement de l’Ontario a déclaré que la famille du joueur à problèmes aura accès à toutes les consultations et à tous les traitements possibles financés par le ministère de la Santé. Cette politique garantit l’accès à des ressources en consultation confidentielles, neutres et basées sur un raisonnement empirique. Pour les conseillers (venant souvent du domaine de la toxicomanie), le travail avec des joueurs à problèmes offre de nouveaux défis et de nouvelles possibilités pour un apprentissage créatif.

« Comment cela a-t-il pu arriver ? »

« Ce n’est pas juste. Il savait combien on travaillait fort pour cet argent. »

« Comment ai-je pu être si idiot ? »

« Papa dit qu’il veut passer du temps avec moi quand je lui rends visite les fins de semaine.

Mais tout ce qu’il fait, c’est m’emmener au centre commercial pour acheter et gratter ses billets de loterie. »

« Tous les soirs, elle va au bingo. Est-ce à cause de moi ? »

« Est-ce que je pourrai encore un jour le croire sur parole ? »

« J’ai peur de répondre au téléphone. »

« Il a contrefait ma signature pour obtenir un prêt bancaire ! »

« Ses parents viennent de me dire qu’ils lui avaient prêté 20 000 $ l’an dernier. Il ne me l’avait jamais dit. »

« Pourquoi devrais-je assister aux séances de consultation ? C’est son problème. »

La grande majorité des conjoints qui cherchent à obtenir des consultations et qui y participent sont des femmes. Le conjoint du joueur, en tant que sujet de recherche, a presque toujours été exclusivement une femme. On connaît mal l’expérience du conjoint masculin de la joueuse à problèmes. D’après l’expérience clinique limitée et anecdotique qu’on en a, le conjoint masculin typique est passif, distant sur le plan affectif, refuse souvent d’admettre l’étendue du problème, et n’est pas disposé à participer au traitement, que ce soit seul ou avec sa partenaire. De toute évidence, ces caractéristiques ne décrivent que les hommes qui restent avec leur partenaire qui s’adonne au jeu et qui ont été vus lors de consultations.

Comme on ne retrouve pas fréquemment le conjoint masculin dans un milieu de traitement, lorsque l’on parle du « conjoint » dans le présent chapitre, on suppose qu’il s’agit d’une femme.

Honte, colère, blessure, choc, confusion, trahison et désespoir. Ces sentiments intenses remplissent votre bureau lorsque le membre de la famille d’un joueur à problèmes vient vous voir. Il y a de fortes chances que ce soit le conjoint, et non le joueur, qui fasse le premier pas pour obtenir de l’aide. Dans certains cas, le conjoint ou d’autres membres de la famille resteront vos principaux clients, car le joueur choisit de ne pas se soumettre au traitement. La tâche immédiate du clinicien est de répondre aux besoins de la famille. Le défi à plus long terme consiste à faire en sorte que le membre de la famille amène le joueur à modifier son comportement à l’égard du jeu.

Il se pourrait que ce soit le médecin ou un conseiller en crédit qui adresse le membre de la famille à votre bureau. Ou le membre de la famille a peut-être entendu parler de vos services par l’intermédiaire de la Ligne d’aide sur le jeu problématique. Une crise pourrait avoir précipité le contact. Cette personne cherche de l’information, de la documentation, des stratégies et de l’espoir pour faire face au chaos. Le joueur pourrait aussi être votre client. Au cours des séances passées avec lui, vous convenez que le conjoint ou un autre membre de la famille devrait participer aux consultations. Le conjoint pourrait ne pas être d’accord : Pourquoi devrais-je chercher à me faire traiter ? C’est son problème et pas le mien. Ce comportement pourrait révéler plus qu’une hésitation à obtenir un traitement et représenter un refus de participer au traitement. Cela pourrait indiquer une crainte de la violence, ou le fait que la famille a abandonné tout espoir de changement. L’unité familiale pourrait déjà avoir éclaté. Qu’ils soient séparés ou non, les membres de la famille ont été touchés par la dépendance au jeu d’un des leurs et pourraient profiter de l’occasion pour parler de leur expérience et commencer à s’en sortir. Le membre de la famille serait peut-être prêt à rencontrer un autre conseiller de votre organisme.

Différences entre l’impact du jeu problématique et de la toxicomanie sur la famille

  • Il est plus facile de cacher son comportement de joueur que celui de toxicomane.
  • Les jeux de hasard et d’argent sont une activité légale et socialement acceptable. Peu de gens envisageraient de donner de l’alcool ou de la drogue à un enfant de 11 ans. Par contre, de nombreuses familles s’adonnent au jeu avec leurs enfants, alors que la loi interdit cette activité aux moins de 18 ans.
  • Le joueur à problèmes peut dilapider un chèque de paie en un coup de téléphone pour placer un pari ou en une partie de cartes. Cela peut prendre des jours, des semaines, voire des années, avant que la consommation d’alcool ou de drogue ne cause les mêmes ravages financiers.
  • D’une manière générale, le jeu problématique n’est pas reconnu dans nos communautés. Cela signifie qu’on peut en ignorer les signes précurseurs jusqu’à ce que les conséquences soient devenues dévastatrices.

Questions touchant les couples

scénario un

Les jeux de hasard et d’argent sont peut-être un divertissement que le couple apprécie depuis longtemps ou du moins que le conjoint tolère, même si ce n’est pas de bon cœur.

Le couple est peut-être allé en voyage à Las Vegas, ou bien ils ont fait une croisière où les jeux de hasard et d’argent se trouvaient parmi les activités offertes. À la maison, l’époux pourrait avoir été heureux de voir sa femme aller au bingo avec une amie lors d’une « soirée entre filles ». Ou encore le couple a peut-être gagné à plusieurs reprises, et de grosses cagnottes.

Que le joueur gagne au casino ou au bingo, il éprouvera une deuxième satisfaction à son retour à la maison lorsqu’il montrera l’argent gagné et décrira les détails de son exploit à sa famille. Une épouse a parlé de l’état d’excitation dans lequel se trouvait son mari en revenant d’une partie de poker, des billets de cent dollars pleins les mains. Pendant la phase gagnante du jeu, le conjoint peut également vivre indirectement le fantasme du joueur, en suivant l’excitation par personne interposée et en anticipant le gain.

Cependant, lorsque les problèmes font surface, ce qui était un divertissement devient une préoccupation pour le joueur, et gagner devient une façon de récupérer les pertes. Lorsque le jeu est identifié comme la source des problèmes, le conjoint peut se sentir coupable de s’être associé au fantasme. Pour essayer de limiter les montants pariés et le temps passé au jeu, un membre de la famille pourra accompagner le joueur à problèmes au casino ou aux courses de chevaux. Le conjoint peut aussi être séduit par « l’illusion du joueur », la même distorsion cognitive que celle du joueur qui se dit : « Il faut que je gagne. » « Je mérite de gagner ». Ils peuvent en arriver à croire « qu’après toutes ces pertes, le jeu va finir par nous être favorable ».

scénario deux

Le conjoint ne savait peut-être pas que le joueur s’adonnait aux jeux de hasard et d’argent. Elle attribuait peut-être les préoccupations du joueur et ses absences à une aventure ou à des pressions au travail. Elle lui a peut-être trouvé des excuses. Elle s’est peut-être remise en question lorsque le budget n’était pas équilibré. Elle lui a fait confiance et a cru à ses excuses. Maintenant, elle s’en veut d’avoir accepté les mensonges et craint d’en découvrir encore d’autres.

Les membres de la famille s’efforcent de faire face à leur réalité et de se protéger sur le plan psychologique et financier. Ils sont peut-être épuisés par le choc, la crainte et la colère. Il leur faut tellement d’énergie pour prendre des décisions, pour affronter la réalité. Les conseillers peuvent fournir aux membres de la famille un milieu où les renseignements resteront confidentiels, où ils obtiendront de l’information et du soutien. Ils pourront trouver des réponses à leurs questions, élaborer de saines stratégies pour gérer leurs problèmes pratiques immédiats, apprendre à faire face à des réactions affectives intenses, et se fixer des objectifs.

Évaluation de la famille

Par le passé, les évaluations cliniques étaient basées sue le modèle médical, c’est-à-dire qu’il s’agissait d’une évaluation détaillée, qui se faisait au cours de nombreuses séances. Cette évaluation portait essentiellement sur les problèmes familiaux, ou la pathologie. Aujourd’hui, la pratique consiste à évaluer la situation de la famille en ayant recours à une perspective axée sur le client et sur les solutions. (Voir section 3.6, « Thérapie brève axée sur la recherche de solutions », pour avoir plus de détails au sujet de cette méthode.) Cette perspective détermine les points forts de la famille et les changements qu’elle désire apporter.

Les séances de consultation peuvent être brèves. D’après de nombreux organismes, le membre de la famille assiste généralement à une ou deux séances seulement pour obtenir des informations et des recommandations. Ou bien, il peut participer à des séances sur plusieurs mois, seul ou avec le joueur. La consultation peut se faire selon divers formats : elle peut être individuelle, familiale, par téléphone ou en groupe.

Que peut-on attendre de la première séance? C’est souvent une crise qui est à l’origine du contact initial avec votre organisme. Pour gérer cette crise, le membre de la famille aura immédiatement besoin de conseils juridiques et financiers, d’assurance et de compassion.

Outils d’évaluation

Il existe un nombre limité d’outils d’évaluation adaptés à la famille d’un joueur. On peut se procurer les vingt questions de Gam-Anon . En remplissant ce questionnaire, la conjointe peut se sentir rassurée, n’étant pas la seule à vivre une telle expérience. Toutefois, ce questionnaire est axé sur le problème et ne tient pas compte de nombreux faits indispensables pour comprendre la situation du client. En faisant votre évaluation, vous pourriez vouloir déterminer :

  • Quelle a été, le cas échéant, la crise qui a poussé le membre de la famille à s’adresser à vous ?
  • Depuis combien de temps le conjoint est-il au courant du problème de dépendance au jeu ?
  • Qu’a fait la famille par le passé pour changer quelque chose à ce problème ? Qu’est-ce qui a fonctionné ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
  • La dépendance au jeu et les problèmes qui en découlent sont-ils un secret de famille ?
  • Quelles sont les préoccupations financières immédiates ?
  • Comment la famille a-t-elle été touchée par la dépendance au jeu ?
  • Comment est la santé physique et morale du conjoint ?
  • Vers qui se tourne le conjoint ou un autre membre de la famille pour obtenir du soutien ?
  • Toutes les familles ont des points forts et des ressources. Quels sont les vôtres ? (Question de Pam Kuruliak, aadac)

Il pourrait être utile d’établir un calendrier afin d’avoir une chronologie des événements.

Le génogramme est une méthode efficace pour recueillir les antécédents et modes de vie de la famille. (Voir annexe à la fin de la présente section.) Le génogramme (McGoldrick et Gerson, 1985) est un tableau de famille réalisé avec la collaboration du client. En quelques minutes, grâce aux instructions et descriptions données par le client, le conseiller se fera une idée de la structure, de la démographie, des relations, des alliances et du fonctionnement de la famille. Des modèles intergénérationnels pourront être identifiés. À l’aide de symboles et de crayons de couleur, le conseiller dessine et détermine les antécédents de la famille dans les domaines suivants :

  • la dépendance au jeu
  • la toxicomanie
  • la violence physique et psychologique
  • l’éducation et l’emploi
  • la séparation et le divorce
  • les problèmes judiciaires
  • les problèmes de santé mentale
  • l’adresse actuelle des membres de la famille
  • les alliances, fidélités et liens étroits
  • les relations conflictuelles et distantes
  • les personnes qui représentent un modèle à émuler.

Les clients de toutes cultures, de tous âges et de tout niveau d’études peuvent recourir aux génogrammes.

Évaluation de la santé physique et psychologique

Lors de toute rencontre avec des membres de la famille, il est essentiel de déterminer si la violence est présente. Même si les données de recherche sur le thème de la violence dans les relations du joueur à problèmes sont limitées, les connaissances et l’expérience cliniques laissent entendre qu’un tel stress dans la famille s’accompagne de menaces et de comportements agressifs. Le jeu problématique a été identifié après des condamnations pour violence conjugale. Et les enfants peuvent subir les conséquences de la colère et de la frustration des parents.

Les membres de la famille pourraient se trouver gênés et humiliés par les effets de la dépendance au jeu et hésiter à exposer encore un autre « secret de famille ». Le clinicien pourrait commencer par demander comment la tension et la colère se manifestent à la maison. Posez des questions sur tout antécédent de violence dans la famille. S’il existe une quelconque indication de violence ou de menace de violence, prenez des mesures de sécurité pour la famille. Indiquez au conjoint ou au membre de la famille les foyers d’hébergement locaux et d’autres services pour les victimes de violence. Dans un organisme de petite envergure, le conseiller pourrait rencontrer le conjoint et le joueur séparément. Soyez explicite au sujet des limites de la confidentialité et du devoir de mise en garde.

Lorenz et Yaffe (1988) ont fait un sondage auprès de 215 conjoints de membres de Gamblers Anonymes. Ils ont signalé que les conjoints de joueurs compulsifs connaissent des troubles physiques causés par les conditions de stress imposées par le comportement du joueur compulsif. Ces troubles pouvaient aller de maux de tête et d’estomac à des sentiments de dépression et des pensées suicidaires. Trente-cinq pour cent des répondants avaient cherché à obtenir de l’aide auprès d’organismes de santé mentale. Sur ce nombre, 92 % « soulignaient qu’un thérapeute qualifié en santé mentale, qui n’avait pas reçu de formation spécifique de conseiller auprès des personnes ayant des problèmes de dépendance au jeu, ne pouvait pas vraiment comprendre les problèmes causés par le jeu pathologique. »

Cherchez à savoir s’il existe des problèmes physiques et affectifs. Quels médicaments ont été prescrits au conjoint? Évaluez brièvement si la conjointe a recours à l’alcool ou à la drogue, car elle pourrait elle-même faire face à un problème de toxicomanie.

Implications juridiques pour les couples

La conjointe pourrait être une associée d’une entreprise familiale. Le joueur pourrait avoir eu accès aux finances de l’entreprise pour essayer d’absorber les pertes de jeu. La conjointe est-elle au courant des implications juridiques au cas où l’entreprise ferait faillite ? Même si elle n’est pas active dans l’entreprise, elle pourrait être responsable. Pour se protéger de toute responsabilité financière, elle doit chercher des preuves écrites au sujet de son statut, auprès du comptable ou de l’avocat de l’entreprise. Il serait sage qu’elle ne se fie pas uniquement aux déclarations du joueur.

Souvent, les membres de la famille ne sont pas au courant des actes illégaux commis contre eux. Lesieur (1987) et Blaszczynski (1989) ont entrepris des recherches sur les actes illégaux commis par le joueur à problèmes dans un geste désespéré pour obtenir des fonds qui lui permettront de continuer à jouer. Des joueurs ont repris un prêt hypothécaire pour la maison familiale en forgeant la signature de leur conjoint sur la demande de prêt. Des joueurs ont fait des demandes de cartes de crédit au nom de leur conjoint. Ils ont encaissé les fonds mis de côté pour payer les études de leurs enfants et ont pris de l’argent à un parent âgé trop effrayé pour leur refuser. Des joueurs à problèmes ont volé de l’argent à leur famille et ont prétendu à une escroquerie pour pouvoir mettre en gage les biens de la famille. Si l’acte criminel est découvert, le joueur pourrait se repentir et promettre de ne plus s’adonner aux jeux de hasard et d’argent. Le membre de la famille, accablé de honte ou voulant croire que ce comportement cessera, n’intente pas habituellement de poursuites judiciaires. Et ainsi, le cercle vicieux se poursuit.

Informez-vous au sujet de crimes ayant pu avoir été commis contre la famille. Souvent, le fait que le conseiller soulève la question incite le conjoint à discuter de ces faits. Les membres de la famille ont pu ignorer ou refuser d’admettre que de l’argent avait disparu, que des débits restaient inexpliqués, etc. Informez les membres de la famille de leurs droits et responsabilités juridiques. Ils pourraient décider, après avoir pesé le pour et le contre, de rencontrer un avocat ou d’intenter des poursuites judiciaires. Le conjoint pourrait mentionner qu’il ne peut se permettre de payer les honoraires d’un avocat. Le Barreau du Haut-Canada opère le Service de référence aux avocats, qui offre une demi-heure de consultation confidentielle gratuite, y compris dans des langues autres que le français et l’anglais. On donnera au client le nom et le numéro de téléphone d’un avocat qui accepterait de discuter avec lui de la situation. Le temps prévu doit permettre de présenter brièvement la question juridique à l’avocat et de demander combien de temps la procédure juridique pourrait prendre, et combien cela coûterait. L’avocat posera quelques questions pour établir la situation. La consultation peut se faire par téléphone.

Service de référence aux avocats
Tél: 1 800 668-8258


Considérations financières pour les couples

Toutes les familles des joueurs à problèmes ne connaissent pas des problèmes financiers. Il y a des joueurs qui continuent de gagner, et des joueurs dont la richesse peut absorber les pertes. Cependant, la grande majorité des joueurs et leur famille cherchent à obtenir des consultations à la suite d’une crise financière.

Avant de travailler avec les familles de joueurs à problèmes, on encourage le clinicien à identifier ses propres valeurs, croyances et attentes au sujet des jeux de hasard et d’argent, des loisirs, de la chance et de l’argent .

Pour obtenir plus d’information au sujet des questions d’argent et des relations conjugales, se reporter aux ouvrages de Ramsey (1998) et Mellan (1994).

Les conseillers auprès des clients qui s’adonnent au jeu problématique ne sont pas habituellement des conseillers financiers qualifiés. Mettez vos clients au courant des limites de vos connaissances. Soyez prêt à leur donner des informations et des numéros de téléphone de personnes ou services à consulter. Mais, si vous n’êtes pas un expert financier, vous pouvez aider le conjoint à préparer une vérification financière. (Pour plus d’information au sujet de la préparation de vérifications financières, voir, « Questions financières »)

Lorsqu’une relation repose sur la confiance et le partage des responsabilités, une méthode de budgétisation simple fonctionnera pour un couple. Cependant, lorsque le conjoint est confiant et trop occupé, il sera facile au joueur désespéré de cacher son jeu, ses factures impayées et ses dettes croissantes.

Le but de l’évaluation financière sera l’occasion, pour le conjoint, de se rappeler tous les avoirs et toutes les dettes dont il a connaissance. Interrogez le conjoint sur les points suivants :

  • Liste de toutes les cartes de crédit, y compris les cartes pour l’essence et les cartes de magasins. Confirmez le montant dû.
  • Les services publics sont-ils payés ?
  • Les remboursements de prêts bancaires (prêt hypothécaire, prêts-étudiants, prêtsautomobiles, etc.) sont-ils à jour ?
  • Quelle est la situation de tous les comptes bancaires, y compris les comptes des enfants ?
  • Quelle est la situation des reer, des régimes d’épargne-retraite, des régimes d’assurance, des obligations et des actions de sociétés ?

Suivant la complexité des avoirs de la famille, établir la liste des éléments du passif financier et des comptes pourrait être un défi de taille. Et le conjoint pourrait découvrir au bout du compte que la situation financière de la famille est pire qu’il ne le pensait. Le client pourrait avoir besoin de soutien pour aller jusqu’au bout.

Il faudrait encourager les membres de la famille qui partagent un bien avec le joueur ou qui ont cosigné un emprunt, etc. à éclaircir leurs responsabilités financières avec l’établissement de crédit. Le conjoint pourrait vouloir annuler toutes ses cartes de crédit sur lesquelles figure le nom du joueur et demander une nouvelle carte uniquement à son nom. Les conjointes, en particulier, ne devraient signer aucun document avant d’avoir demandé l’avis professionnel d’un avocat, d’un conseiller en crédit ou d’un syndic de faillite.

Le conjoint est-il disposé à demander aux amis et à la famille si le joueur leur a emprunté de l’argent? Il arrive souvent que le conjoint découvre que le joueur a bénéficié d’aide financière par le passé. Encouragez les membres de la famille à divulguer les autres fois où ils l’ont aidé. Les dettes ont peut-être été « dissimulées » ou le joueur a été « tiré d’affaire ». Ces comportements peuvent être qualifiés, non pas de « complicité » (ce qui semble porter jugement et avoir des connotations négatives) mais d’inefficacité, car le joueur peut ainsi continuer à s’adonner au jeu sans en subir les conséquences.

Les concepts d’intervention auprès de la famille élaborés dans le domaine de la toxicomanie sont transférables aux familles de joueurs à problèmes. (Heineman, révisé en 1996).

Si vous désirez connaître les services de conseillers en crédit les plus proches de chez vous, veuillez communiquer avec :

The Ontario Association of Credit Counselling Services
CP 189 Grimsby (Ontario) L3M 4G3

Tél:(905) 945-5644
Tél:1 888 746-3328

 

Tous les services sont gratuits et les consultations peuvent être offertes par téléphone. Il existe de nombreux exemples de complications juridiques et financières. Par exemple, la pension d’invalidité du mari est le seul revenu du couple marié. Il s’adonne au jeu et il n’y a pas d’argent pour les besoins fondamentaux. Le conjoint demande conseil. Clarifiez votre situation clinique auprès du programme de la sécurité du revenu du gouvernement fédéral au 1 800 277-9914.

Intimité

Au fur et à mesure que la dépendance au jeu s’accroît, le fossé se creuse sur le plan physique et affectif entre le joueur et son conjoint, et fréquemment les relations sexuelles diminuent.

Des joueurs ont avoué que « [le jeu] c’est mieux que le sexe. »

Le conjoint peut refuser d’avoir des relations sexuelles par colère et par souffrance. Les joueurs se plaignent souvent que « depuis qu’elle a découvert [les dettes de jeu], elle refuse d’avoir des relations sexuelles avec moi ». Des partenaires ont mentionné qu’ils ne pouvaient pas avoir de relations intimes avec quelqu’un qui les avait si profondément trompés. On s’inquiète également du fait que « s’il a pu mentir au sujet de sa dépendance au jeu, n’a-t-il pas menti au sujet d’autres questions ? » Le sexe est également utilisé comme outil de troc dans une relation. Par exemple : « Si nous faisons l’amour, je sais qu’il me laissera aller au bingo. Je me lève donc pour aller au bingo à 1 heure du matin. »

Lorenz et Yaffe (1988) signalent que 55 % des répondants pensaient qu’ils auraient pu bénéficier des services de conseillers en matière de sexualité. Ces chercheurs laissent entendre qu’une mauvaise communication et une faible estime de soi avant de s’adonner au jeu pourraient avoir contribué aux relations sexuelles non satisfaisantes des couples.

Au cours des séances avec le couple, vous pourriez leur demander s’ils ont des relations sexuelles satisfaisantes et dans quelle mesure il est important pour eux d’établir ou de rétablir des relations sexuelles satisfaisantes. Une réponse à échelle graduée (par exemple, de 1 à 5) vous informera du niveau de satisfaction sexuelle qui existe dans la relation du couple et de la priorité que cela représente pour les partenaires.

Améliorer les relations sexuelles n’est généralement pas une priorité aux premières étapes de la consultation. Cependant, au fur et à mesure que le couple s’efforce de rétablir l’intégralité de ses relations, y compris la communication, la confiance et un équilibre pour ce qui est des questions d’autorité et de contrôle, ils chercheront à reprendre leurs relations sur le plan physique et affectif. Dans le cadre d’un traitement, il n’est pas rare de découvrir que le joueur — et le conjoint — prennent des antidépresseurs qui peuvent avoir des effets secondaires, comme une modification de la fonction sexuelle. Étudiez les effets que cela peut avoir sur le couple.

Steinberg (1993) décrit les déficiences sur le plan de l’intimité affective et de la sexualité dans les relations du joueur. L’expérience approfondie qu’il a des couples se retrouve dans les stratégies de traitement qu’il propose.

S’il est établi qu’il n’y a aucun risque de violence, travailler avec le couple peut réduire le risque d’interprétation erronée et permettre de commencer à envisager ensemble le rétablissement.

 

Enfants et parents de joueurs à problèmes

Élaboration de programmes de traitement pour les membres de la famille

Le génogramme

Bibliographie

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