À titre de professionnel qui exerce une profession d’aide, vous offrez probablement des services à des personnes qui ont des problèmes de jeu. Les personnes touchées par le jeu problématique ont souvent recours à des services pour régler des problèmes de santé ou encore des problèmes sociaux, affectifs, conjugaux ou financiers bien avant de demander de l’aide pour un problème de jeu. Vous êtes bien placé pour identifier des personnes qui ont peut-être un problème de jeu, pour soutenir les efforts qu’elles déploient pour changer et pour leur faire connaître les ressources disponibles pour le traitement du jeu problématique.

Ce que vous pouvez faire

  • Prenez l’habitude de parler du jeu avec toutes les personnes qui vous consultent.
  • Établissez un rapport qui incite les clients à se confier et les motivent à changer.
  • Soyez à l’affût des signes et des indicateurs de jeu problématique.
  • Faites en sorte que des renseignements sur le jeu problématique soient mis à la disposition des clients et dirigez ceux qui en ont besoin vers des services spécialisés.
  • Explorez les préoccupations des clients et fournissez des renseignements précis au sujet des services de counseling sur le jeu problématique, en insistant sur leurs avantages.
  • Aidez les clients à établir des budgets réalistes et à gérer leurs dettes d’une manière qui atténue les pressions financières. Ce faisant, vous supprimez un déclencheur important.
  • Aidez les clients et leur famille à protéger les biens qui leur restent contre d’autres pertes causées par le jeu.

Signes de jeu problématique

Les problèmes de jeu ressemblent beaucoup à d’autres formes de dépendance. Cependant, ils ne comportent aucun signe visible ni de changements physiques qui indiquent la présence d’un problème. Voici les signes courants de jeu problématique que les professionnels peuvent remarquer chez leurs clients. Même si certains symptômes peuvent être présents chez des clients qui n’ont pas de problèmes de jeu, la présence d’un grand nombre de signes et de problèmes caractéristiques peut témoigner de la possibilité que le jeu soit un problème. Dans ce cas, cette possibilité devrait être explorée plus à fond.

Comportement

Le client :

  • arrête de faire ce qu’il aimait faire ;
  • s’absente des événements familiaux ;
  • change ses habitudes de sommeil, alimentaires et sexuelles ;
  • ne prend pas soin de lui ou néglige ses obligations professionnelles, scolaires ou familiales ;
  • a des différends avec d’autres personnes à cause de l’argent ;
  • boit de l’alcool ou prend de la drogue plus souvent ;
  • laisse ses enfants seuls, ne se soucie pas de qui s’en occupe, néglige leurs besoins de base ;
  • est obsédé par le jeu et en parle continuellement ;
  • ne veut pas dépenser d’argent, sauf pour jouer ;
  • triche ou vole pour obtenir de l’argent pour jouer ou payer ses dettes ;
  • a des problèmes juridiques au sujet du jeu ;
  • est souvent en retard à l’école ou au travail ;
  • organise des paris sportifs (poules) au travail ;
  • s’absente pendant de longues périodes, sans explication ;
  • néglige ses obligations.

Signes affectifs

Le client :

  • se replie sur lui-même, cesse de voir sa famille et ses amis ;
  • semble perdu ou angoissé, ou encore il a de la difficulté à porter attention ;
  • a des sautes d’humeur et des rages soudaines ;
  • se plaint qu’il s’ennuie ou se sent agité ;
  • semble déprimé et peut avoir des idées suicidaires.

Signes financiers

Le client :

  • emprunte souvent de l’argent ou demande des avances de salaire ;
  • trouve un emploi supplémentaire sans que sa situation financière ne change ;
  • prend de l’argent dans les comptes d’épargne, encaisse des REER ou des polices d’assurance ;
  • est sans le sou puis soudain a beaucoup d’argent.
  • Les membres de la famille se plaignent que des objets de valeur et des appareils électroniques disparaissent ou qu’il manque de l’argent dans un compte de banque ou un portefeuille.

Santé

Le client se plaint de problèmes de santé, comme :

  • maux de tête
  • maux d’estomac et problèmes intestinaux
  • difficulté à dormir.
  • Il mange trop ou a perdu l’appétit.

Poser des questions sur le jeu

Établissez un rapport qui incite le client à se confier et le motive à changer. La honte, la gêne ou la peur d’être découverte peuvent empêcher une personne qui joue de révéler la vraie nature de son problème. Vous devez alors offrir un milieu sûr et un soutien qui inciteront le client à se dévoiler d’une manière qui vous permettra de vous occuper de ses préoccupations et de le diriger vers les services d’aide dont il a besoin. Il est rarement utile de demander directement à un client : « Avez-vous un problème de jeu ? » Certains clients peuvent avoir de la difficulté à comprendre le lien entre leurs problèmes et le jeu. Pour d’autres clients, cette approche brutale peut les mettre sur la défensive et les dissuader d’explorer davantage le problème.

Cependant, il existe un certain nombre de façons de poser des questions sur le jeu dans le cadre du processus d’évaluation.

  • Posez des questions sur les loisirs : « Que faites-vous pour vous amuser ? » « Allez-vous au cinéma, dans des boîtes de nuit ou à l’hippodrome ? » « Allez-vous parfois au casino ou à d’autres maisons de jeu ? » Lorsque vous posez ces questions, supposez que votre client s’adonne à une forme de jeu ou à une autre. « Combien de fois achetez-vous des billets de loterie ? » Évitez les jugements moraux.
  • « Combien de temps et d’argent consacrez-vous à ces activités ? » Vous trouverez peut-être difficile de poser aux clients des questions sur la façon dont ils dépensent leur argent. Beaucoup de Nord-Américains jugent impoli de poser aux autres des questions sur l’argent. Vous pouvez rassurer vos clients en leur disant que les problèmes de jeu sont courants et que vous posez ces questions à toutes les personnes qui viennent vous consulter.
  • Si vous déterminez que le jeu est un problème, posez des questions sur les dettes envers l’employeur, la famille, les amis, les collègues, les casinos, des preneurs de paris (bookmakers) ou des usuriers. Demandez au client s’il a encaissé des placements, des REER ou des épargnes pour payer des dettes. Vous pourrez ainsi déterminer si le client devrait demander du counseling financier.
  • Songez à utiliser l’indice de gravité du jeu problématique (Problem Gambling Severity Index) fourni dans le présent guide.
  • Si vous soupçonnez qu’un client a des problèmes de jeu, conservez des documents d’information sur le counseling sur le jeu problématique dans son dossier et donnez-lui de l’information au moment opportun.

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