On estime qu’une personne met fin à ses jours toutes les 40 secondes (Organisation mondiale de la santé, 2002). Selon les statistiques canadiennes, plus de 3 600 personnes se sont suicidées en 2001 (Organisation mondiale de la santé, 2002).

Les taux de suicide sont fonction du sexe. Les femmes sont plus portées aux pensées suicidaires, tandis que les hommes ont davantage tendance à choisir une méthode de suicide plus efficace, ce qui entraîne chez eux des taux de suicide beaucoup plus élevés (Organisation mondiale de la santé, 2002). 

   

Âge

5-14

15-24

25-34

35-44

45-54

55-64

65-74

75+

Total

Femmes

13

105

114

186

206

100

58

38

820

Hommes

14

398

500

707

639

309

172

131

2 870

Total

27

503

614

893

845

409

230

169

3 690

Schéma 1 : Suicides enregistrés au Canada en 2001, répartis selon l’âge et le sexe. (Organisation mondiale de la santé, 2002)   

Suicides liés au jeu au Canada

Selon un rapport publié en 1996 par le Conseil national du bien-être social, les tentatives de suicide sont plus fréquentes chez les personnes qui ont un problème lié au jeu que dans la population générale. Les tentatives de suicide sont également plus courantes chez les personnes ayant un problème de dépendance au jeu que chez celles ayant un problème lié à d’autres types de dépendance.

Le Conseil canadien de la sécurité estime que chaque année, plus de 200 Canadiens atteints d’un problème lié au jeu mettent fin à leurs jours (Conseil canadien de la sécurité, 2006). Ce phénomène nayant toutefois pas été suffisamment étudié dans l’ensemble du pays, on ignore le nombre exact de suicides liés au jeu au Canada. Jusqu’à récemment, non seulement les provinces n’enregistraient-elle pas toutes leurs taux de suicides liés au jeu, mais parmi celles qui le faisaient, il existait différentes façons de procéder. Par exemple, l’Ontario enregistre le taux de suicide lié au jeu depuis 1998, mais son taux est plus bas que celui de provinces comme l’Alberta, la Nouvelle‑Écosse et le Québec, où les liens au jeu n’ont pas fait l’objet d’études aussi approfondies ni de rapports (Presse Canadienne, 2003).

Cependant, en 2003 les coroners du Canada se sont entendus pour commencer à enregistrer les taux de suicides liés au jeu et à noter chaque cas où il est question de jeu dans une note de suicide ou dans les propos de proches (Presse Canadienne, 2003).

En plus des problèmes de suivi, il n’est pas toujours évident qu’un décès soit le résultat d’un suicide. Dans certains cas, un suicide peut être déguisé comme accident. Et s’il n’existe aucune note de suicide où il est question de jeu, ou encore si les activités de jeu de la personne décédée sont cachées, un lien possible entre le jeu et le suicide peut passer inaperçu. Pour terminer, dans certaines familles, la honte et le sentiment de culpabilité que provoquent le suicide d’un proche ou ses habitudes de jeu peuvent pousser les membres de la famille à taire certains faits (Conseil canadien de la sécurité, 2006).

Suicides liés au jeu en Ontario 

L’impact du jeu problématique est en train de se faire sentir en Ontario. Comme l’illustre le Tableau 1, depuis 1998 le Bureau du Coroner en chef enregistre en moyenne 5,4 suicides liés au jeu par année en Ontario. 

Âge

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004*

2005*

10-19

1

 

 

 

 

 

 

 

20-29

 

1

 

1

 

1

 

 

30-39

2

 

2

2

2

3

2

 

40-49

1

2

3

1

1

3

3

1

50-59

 

1

1

 

1

 

1

1

60-69

 

 

 

 

2

2

 

2

Total

4

4

6

4

6

9

6

4

*Remarque : les taux pour 2004 et 2005 ne sont que des résultats  préliminaires, ces chiffres pouvant changer à la fin de l’année statistique.

Tableau 1 : Taux de suicides liés au jeu enregistrés en Ontario depuis 1998.

(Bureau du Coroner en chef, Ontario, 1998)

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