1. Sant mentale
Specker et coll. (1996) ont mis la possibilit que les personnes ayant reu un diagnostic de dpression ou danxit ont davantage de risques davoir un problme li au jeu. Dans lensemble, 70% des personnes atteintes dun problme de jeu ont reu un diagnostic de dpression majeure un moment donn de leur vie, comparativement seulement 23% pour le groupe tmoin. Les chercheurs ont galement constat que 80% des femmes et 64% des hommes qui ont un problme li au jeu avaient reu un diagnostic de dpression majeure un moment donn de leur vie. Westphal et Johnson (2000) signalent eux aussi des taux plus levs de dpression parmi les femmes qui sadonnent au jeu, comparativement aux femmes dans la population gnrale.
En ce qui concerne les troubles anxieux, Specker et coll. (1996) ont constat que 37,5% des personnes atteintes dun problme de jeu avaient reu un diagnostic de trouble anxieux un moment donn de leur vie, ce qui contraste vivement avec les rsultats du groupe tmoin, dont aucun membre navait reu de diagnostic de trouble anxieux. Il existait dailleurs dimportantes diffrences entre les sexes : 73% des femmes avaient reu un diagnostic de trouble anxieux un moment donn de leur vie, comparativement 16% des hommes. Le schma suivant illustre en dtail la rpartition des femmes et des hommes selon les diffrents types de troubles anxieux.

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Femmes |
Hommes |
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A. Trouble panique |
33% |
12% |
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B. Trouble panique |
13% |
0% |
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C. Trouble anxieux gnralis |
7% |
4% |
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D. Trouble de stress post‑traumatique |
27% |
4% |
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E. Phobie simple |
20% |
8% |
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F. Phobie sociale |
7% |
4% |
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G. Trouble obsessionnel-compulsif |
7% |
0% |
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Tout trouble anxieux |
73% |
16% |
Schma 2 : Diagnostics de troubles anxieux chez les personnes ayant un problme li au jeu : comparaison entre les sexes
Boughton et Brewster (2002) ont galement signal des taux levs de dpression et dangoisse parmi les femmes ontariennes qui prsentaient un niveau problmatique de jeu. Les chercheurs ont constat que 63% des femmes de ltude avaient consult un professionnel en soins de sant pour une dpression, 53% pour de langoisse, et 28% pour une crise de panique. En outre, comme lillustre le tableau suivant, entre 40% et 60% des femmes de ltude ont indiqu quelles jouaient pour des raisons lies soit lautogestion de lhumeur, soit lvacuation du stress :
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Me remonter le moral |
61% |
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vacuer mon stress |
53% |
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Prendre espoir |
51% |
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chapper un temps la ralit |
49% |
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Fuir mes problmes et mes inquitudes |
48% |
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chapper un temps mes responsabilits ou mon travail |
46% |
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Essayer de me sentir moins dprime |
44% |
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Me calmer |
40% |
Tableau 3 : Motifs de jeu lis lautogestion de lhumeur et au soulagement du stress
Steel et Blaszczynski (1998) signalent des taux levs de troubles de la personnalit parmi les joueurs pathologiques , comparativement aux patients des programmes de psychiatrie gnrale. Dans leur tude, 92% des participants avaient reu un diagnostic dau moins un trouble de la personnalit. Les hommes avaient des taux plus levs de trouble de personnalit obsessionnelle-compulsive, tandis que les femmes affichaient des taux plus levs de troubles de la personnalit dpendante.
2. Traumatismes
Specker et coll. (1996) ont mis lide quil est trs probable que les traumatismes subis pendant lenfance exercent une influence sur le dveloppement de problmes de jeu. Les chercheurs ont constat que les taux de violence sexuelle et physique subie pendant lenfance taient considrablement plus levs parmi les femmes ayant un problme li au jeu que dans les chantillons nationaux (32,5% contre 1-2%).
Boughton et Brewster (2002) ont eux aussi dcouvert des taux levs de violence subie chez les femmes qui sadonnent au jeu. Comme lillustre le schma suivant, un moment donn de leur vie, plus de 60% des femmes de ltude avaient t victimes de violence psychologique, plus de 40% de violence physique et presque 30% de violence sexuelle.

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Dans lenfance |
lge adulte |
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A. Violence physique |
41% |
46% |
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B. Violence sexuelle |
38% |
28% |
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C. Violence psychologique |
63% |
69% |
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D. Violence religieuse |
17% |
10% |
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E. Violence religieuse |
39% |
46% |
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F. Exploitation financire |
S.O. |
45% |
Schma 3 : Ontariennes sadonnant au jeu : traumatismes subis dans lenfance et lge adulte
3. Facteurs socio-conomiques
La recherche semble indiquer que les personnes ayant un faible revenu sont plus vulnrables aux problmes de jeu. Selon Welte et coll. (2001), les taux de jeu problmatique sont considrablement plus levs parmi les groupes faible revenu. Dans leur tude en Ontario, Wiebe et coll. (2001) ont constat que les personnes dont le revenu est infrieur 30 000 $ sont le plus susceptibles dtre classes joueurs problme .
Dans son tude sur les femmes Maori qui sadonnent au jeu, Morrison (2004) signale que la pauvret fait partie de la vie de la plupart des femmes interviewes dans ltude. Elles voient souvent le jeu comme un moyen de complter leur revenu et damliorer leur situation financire.
Dans un rapport de Statistique Canada sur les femmes au Canada, V. O'Donnell et coll. (2005) remarquent quen 2003, les femmes avaient un salaire annuel moyen de 36 500 $, soit 71% du salaire annuel des hommes. Au terme dune tude portant sur les femmes qui sadonnent au jeu en Ontario, Boughton et Brewster (2002) ont conclu que le revenu personnel net moyen des femmes tait de 1 769 $ par mois, tandis que le revenu du mnage moyen tait de 2 608 $ par mois, soit considrablement infrieur la moyenne nationale telle que cite par V. O'Donnell et coll. (2005).
Boughton et Brewster (2002) signalent galement que 78% des femmes dans leur tude jouaient pour pouvoir gagner de largent. Comme lillustre le tableau suivant, chez 35% 56% des femmes, les besoins financiers et le stress li aux finances figuraient aussi parmi les lments dclencheurs du jeu :
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Vouloir augmenter ses gains |
56% |
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Avoir un besoin financier |
47% |
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Vouloir rcuprer ses pertes |
45% |
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Dsesprer de ne jamais pouvoir avancer dans la vie |
39% |
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Ressentir un besoin pressant de gagner de largent |
35% |
Tableau 4 : lments dclencheurs du jeu lis aux besoins financiers
Pour terminer, Ladd et Petry (2002) ont constat quavant le traitement, les femmes et les hommes consacraient chaque mois au jeu environ le mme montant dargent, mais que les femmes taient plus susceptibles de dclarer faillite. Cela a du sens surtout lorsque lon considre les diffrences de revenu entre les sexes, telles quidentifies par V. O'Donnell et coll. (2005). Puisque les femmes ont tendance toucher un salaire infrieur celui des hommes, les consquences financires dun ventuel problme de jeu sont plus graves pour elles.
4. Solitude et ennui
Pour les femmes, le jeu comporte un important lment social (Boughton, 2003). Selon G. Walker et coll. (2002), 74% des femmes dclarent que leurs changes entre femmes sont un motif trs important du jeu de casino. Les tablissements de jeu offrent aux femmes qui se sentent isoles et sennuient un rseau social facile daccs o elles se sentent en scurit. Selon Brown et Coventry (1997), le jeu fournit aux femmes la fois un divertissement abordable et un dbouch social qui leur permet dchapper leur domicile et de ctoyer dautres femmes.
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