Nick Rupcich

C’est une crise financière qui amène la plupart des joueurs à problèmes à demander de l’aide pour la première fois. Les difficultés relationnelles, la dépression ou les idées suicidaires sont souvent causées par des problèmes financiers. Les membres de la famille, qui peuvent se montrer compréhensifs et conciliants à l’égard du joueur quand la chance lui sourit, risquent de l’être moins quand celle-ci commence à tourner et que l’effet des difficultés monétaires qui en découlent se fait sentir dans leur vie. Naturellement, beaucoup de joueurs sont convaincus qu’ils ont un problème financier plutôt qu’une dépendance au jeu.

La plupart des gens n’aiment pas parler de leur situation financière. Même quand deux personnes vivent ensemble depuis plusieurs années, il n’est pas rare que l’un des partenaires ne soit pas au courant des affaires financières du couple ou ne sache pas grand chose à ce sujet.

Lorsqu’il s’agit de conseiller le client joueur, le problème financier ne peut pas être passé sous silence. Cependant, lorsqu’on décide de la façon d’aborder les problèmes financiers et du moment approprié de le faire en cours de traitement, quelques points méritent d’être considérés.

  • Aborder les questions financières prématurément au cours du processus de traitement risque de causer une trop grande contrainte pour le client. La plupart des joueurs ne sont pas prêts à parler ouvertement de toutes leurs dettes dès leur première ou deuxième visite. Il faut que les joueurs à problèmes établissent une relation de confiance avec leur conseiller avant qu’ils ne se sentent assez à l’aise pour leur dévoiler des renseignements délicats sur leur situation financière.
  • Si le joueur à problèmes entreprend un traitement en croyant qu’il a un problème financier plutôt qu’un problème de jeu, le fait d’élaborer prématurément un plan financier complet peut le dissuader de suivre un traitement pour sa dépendance au jeu. Le meilleur moment d’aborder les questions financières variera d’un client à l’autre. Toutefois, tous les clients doivent faire preuve de motivation et d’engagement envers le processus de traitement avant que des plans financiers soient élaborés.
  • Les conseillers en matière de dépendance au jeu adressent souvent leurs clients à des organismes financiers pour les aider à résoudre leurs problèmes de dettes. Il est vrai que ces organismes peuvent offrir une aide précieuse, mais il est important que le conseiller du joueur soit au courant de la démarche que suivra l’organisme et que cette démarche vienne compléter le plan de traitement que le conseiller élabore pour le client. Le conseiller du joueur et le conseiller financier doivent collaborer afin de s’assurer que le client bénéficie de la meilleure aide possible.
  • Si le joueur est aux prises avec une crise immédiate (éviction, saisie de salaire), il doit communiquer directement avec ses créanciers, de préférence en personne, afin de discuter de la raison pour laquelle il a manqué à ses engagements. Cette mesure doit être prise sans plus tarder. Si le créancier consent à accorder un délai (moratoire) afin de prendre des dispositions de remboursement, le conseiller et la famille du joueur peuvent élaborer ensemble une stratégie. Si le créditeur ne veut pas coopérer, il faut adresser le client à des services de conseillers en crédit le plus rapidement possible.

Évaluation initiale de la situation financière actuelle

La première visite du conseiller avec le joueur est le moment opportun de commencer à recueillir des renseignements financiers. La première chose qu’il faut déterminer c’est la situation financière actuelle du client. Ce faisant, le conseiller peut aussi obtenir d’importants renseignements qui lui permettront de comprendre la dynamique familiale. Par exemple, la démarche peut révéler des dépenses excessives (dans des activités autres que le jeu) de la part du client ou de son partenaire, une attitude différente à l’égard de l’argent de la part de chaque partenaire, ou encore le fait que la famille vit au-dessus de ses moyens. Ce sont là des problèmes qu’il faut aborder pendant le traitement parce qu’ils peuvent déclencher une rechute.

Avant de procéder à l’évaluation, il serait bon d’expliquer au client que vous voulez rencontrer son partenaire individuellement une fois l’évaluation terminée. Demandez au joueur de venir avec son partenaire (si possible); ainsi, une fois la séance individuelle avec le partenaire terminée, tous les intéressés peuvent se rencontrer pour discuter des options de traitement. À ce stade, la participation de la famille est extrêmement importante. Les partenaires doivent sentir qu’ils font partie du processus, ce qui les aidera à surmonter leur manque de confiance. S’il n’y a pas de partenaire, convenez de rencontrer le membre de la famille le plus proche. Cela donnera au conseiller l’occasion d’entendre une autre version du problème et de la comparer à certains renseignements fournis par le joueur. Une rencontre avec le partenaire ou un membre de la famille donne l’occasion de renseigner la personne sur le jeu problématique et d’expliquer les ressources à la disposition des familles.

C’est aussi une occasion pour le conseiller d’expliquer à la famille que procurer des fonds pour aider à surmonter une crise financière n’est pas une solution efficace car cela permet au client de continuer à jouer sans avoir à faire face aux conséquences de ses actes.

Il est rare que les joueurs insistent pour que leur partenaire ou un membre de la famille ne participe pas. Cependant, si tel est le cas, il sera utile d’informer le client de l’effet que le jeu a sur cette personne. Il est plus courant pour un partenaire de refuser de participer à une séance. Si c’est le cas, le conseiller n’a pas d’autre choix que de procéder avec le joueur seulement.

Pendant l’évaluation d’un client, qu’il s’agisse du joueur ou de son partenaire, il est important de recueillir des renseignements financiers sur le revenu, l’actif et les dettes. Pour déterminer depuis combien de temps le problème existe, faites une liste :

• de tous les créanciers du client — la date approximative à laquelle les fonds ont été empruntés, les soldes initiaux et actuels et les versements mensuels;

• du revenu d’emploi et d’autres revenus utilisés aux fins de jeu;

• des retraits de comptes d’épargne, de REER, ou des rachats de polices d’assurance, des actions ou d’autres titres vendus;

• des augmentations des prêts hypothécaires.

Tous ces renseignements permettront d’établir l’ampleur du problème de jeu. Il faut en outre demander aux clients combien d’argent ils doivent aux membres de leur famille et à leurs amis. La plupart des joueurs ne divulgueront pas ces renseignements à moins qu’on ne leur pose la question directement.

Les conseillers doivent aussi demander si les factures mensuelles comme celles de téléphone, d’électricité et de gaz sont en retard. Les paiements de loyer ou d’hypothèque sont-ils à jour ? Y a-t-il des emprunts en souffrance qui risquent d’être remis entre les mains du système judiciaire ? Tous ces renseignements peuvent vous aider à déterminer non seulement la gravité d’un problème mais aussi si la situation immédiate est critique; parfois, il peut être difficile pour un joueur d’arrêter dans une telle situation. Si une crise n’est pas apparente ou n’a pas été divulguée, le joueur, comptant sur un gain important, considère souvent la poursuite du jeu comme la meilleure, sinon la seule, option pour surmonter la crise.

Les créanciers peuvent souvent se montrer plus compréhensifs et obligeants que les joueurs ne pourraient le penser. Si beaucoup de créanciers ont recours à certaines mesures, c’est parce qu’ils ne savent pas la raison du manquement. Souvent, les joueurs et parfois même leur partenaire évitent ou déçoivent les créanciers. Encouragez les clients à aviser leurs créanciers, de préférence en personne, de la véritable raison pour laquelle ils ne peuvent pas payer leurs dettes. La plupart du temps, les créanciers répondront : « Que pouvons-nous faire pour vous aider ? » Ce dont le joueur et sa famille ont besoin c’est de temps. Pour avoir ce temps, les clients peuvent demander aux créanciers un moratoire leur permettant de préparer un plan financier pour régler leurs dettes. (La prochaine section traite de ce processus de façon plus détaillée.)

Stratégie pour établir un budget et régler ses dettes

Pendant l’évaluation initiale, le conseiller a recueilli des renseignements lui donnant un aperçu de la situation financière actuelle du joueur et de sa famille. Le processus de l’établissement d’un budget et de règlement des dettes comprend la préparation d’une liste détaillée de tous les revenus et de toutes les dépenses, suivi d’un plan réalisable pour satisfaire les besoins élémentaires de la famille ainsi que ceux des créanciers.

Le joueur et son partenaire doivent participer à l’établissement d’un plan financier. Si le joueur n’a pas de partenaire, il est important de faire participer un parent, un enfant adulte ou même un frère ou une sœur. Selon le degré de complexité, la préparation d’un plan financier peut prendre de deux à quatre visites. Les renseignements financiers recueillis pendant l’évaluation initiale devraient donner au conseiller un bon aperçu de la situation financière du client. Si le joueur cesse de jouer excessivement, beaucoup de familles peuvent surmonter leurs difficultés financières sans pratiquement aucune aide. Pour ceux qui sont surendettés, qui ont un revenu insuffisant, qui ont des problèmes de dépenses excessives, ou qui ne savent pas comment gérer un budget, une stratégie financière peut être nécessaire.

Les joueurs à problèmes qui, habituellement, sont les seuls à contrôler les finances du ménage, risquent d’être tentés de retourner au jeu si les dispositions restent les mêmes. Pour les partenaires qui ont perdu confiance, il est tout aussi important de pouvoir compter sur une sécurité financière dans leur relation. Si un couple opte pour un contrôle conjoint (deux signatures pour avoir accès à l’argent), les deux parties peuvent alors commencer à satisfaire leurs besoins. Dans ces circonstances, le joueur qui a encore des envies de jouer trouvera des moyens d’accéder par lui-même à l’argent et peut demander à son partenaire d’assumer le contrôle total jusqu’à ce qu’il se sente davantage capable de s’occuper de l’argent. Des dispositions comme celles-ci sont des structures d’entraide qui peuvent être mises en place, ce ne sont pas des solutions. Les joueurs qui éprouvent le besoin de jouer continueront à trouver les moyens d’avoir accès à des fonds.

Les clients (qui ont peut-être déjà communiqué avec les créanciers pour leur demander un moratoire, c’est-à-dire un délai ou une période d’attente avant que le débiteur ne commence à rembourser le créancier) doivent mettre ces fonds de côté en vue de commencer un plan financier. Le joueur doit demander le report des versements soit par écrit, soit en personne, ou les deux. L’expérience a démontré que rencontrer un créancier en personne donne des résultats plus favorables. La période de moratoire demandée peut aller d’un à trois mois selon les circonstances individuelles. Les créanciers doivent voir un plan de remboursement ainsi qu’un rapport du revenu et des dépenses, par écrit, pour décider si le plan est acceptable.

Les services de conseillers en crédit, les syndics de faillite et les autres services de conseils financiers ont préparé leurs propres formulaires financiers en fonction de la population qu’ils desservent. Leurs formulaires sont administrés par des conseillers qualifiés et ne sont utilisés qu’à l’interne. Les formulaires de préparation de budget et de remboursement des créanciers ont été préparés par Gamblers Anonymes dans les années 1960 pour les joueurs à problèmes. GA a accordé la permission aux conseillers d’acheter et d’utiliser ces formulaires pour prodiguer leurs conseils financiers. À nos fins, les formulaires ont été quelque peu révisés afin de mieux tenir compte des circonstances et du contexte canadiens.

Les formulaires financiers sont conçus pour recueillir des renseignements précis à propos des frais de subsistance et des créanciers. Les joueurs à problèmes ont tendance à minimiser et à généraliser les dépenses et les dettes, ou encore à les oublier. Les détails contenus dans ces formulaires aident tous les intéressés à avoir une idée claire et précise de la situation financière du client. Le sommaire financier donne une liste du revenu dont dispose le partenaire. Les conseillers en matière de dépendance au jeu, qui ont de l’expérience dans cette démarche, inciteront les partenaires à se protéger en déposant un pourcentage de leur revenu dans un compte en banque distinct, pour des raisons de sécurité personnelle, au cas où le joueur déciderait de renouer avec sa passion.

Déterminer toute l’ampleur du problème

Le joueur et son partenaire ou un autre membre de sa famille doivent participer à cette rencontre. Le conseiller expliquera la façon de procéder. Il faut convenir d’une période pour mener le plan à bien, et les intéressés doivent décider d’un commun accord de la personne qui contrôlera les finances. Seront-elles gérées conjointement ou prises en charge par l’un des partenaires ? Quelle que soit la décision à ce sujet, il faudrait encourager les deux à prendre part aux discussions financières afin de stimuler la communication et renforcer le soutien mutuel.

Donnez au couple le formulaire des dépenses, le formulaire comportant la liste des créanciers et le sommaire financier . Dites-leur d’emporter les formulaires chez eux et de les remplir le plus exactement possible. Prenez la colonne (mois ou semaine) qui indique le chiffre le plus exact. Demandez-leur de déposer les formulaires au bureau du conseiller dès qu’ils sont remplis. Cette démarche est souvent pénible pour le joueur et parfois également pour son partenaire. Pour bien des couples, c’est peut-être la première fois qu’ils font face à la réalité de leur situation financière.

Travailler avec les formulaires

Après avoir examiné les formulaires, le conseiller devrait avoir une idée précise de la situation financière de la famille. À partir des renseignements fournis, le conseiller examine différentes options pour établir un plan viable. C’est à ce moment-là que les attitudes et les valeurs du conseiller lui-même entrent en jeu. Il peut être difficile pour un conseiller d’évaluer le meilleur plan d’action possible si sa propre situation financière n’est pas en ordre. Beaucoup de gens ont une situation financière chaotique et les conseillers en matière de dépendance au jeu ne font pas exception à la règle.

Faites le total des trois formulaires de dépenses et catégories de revenu. Incorporez les totaux au bas du formulaire du sommaire financier et soustrayez les dépenses du revenu total. Si le résultat est un montant négatif, il faut réduire les dépenses ou alors augmenter le revenu, ou encore il faut arriver à une combinaison des deux. Si le résultat est un montant positif, ces fonds peuvent être répartis entre les créanciers. Si ce montant n’est pas suffisant pour payer les créanciers, on peut soit réduire les dépenses, soit augmenter le revenu, soit réduire les paiements mensuels faits aux créanciers. Le calendrier des remboursements est un outil utile dont le conseiller peut se servir pour présenter différentes options.

Une fois que le conseiller aura examiné tous les renseignements financiers et qu’il comprendra la situation familiale en détail, ce sera le moment de passer, lors de la rencontre suivante, à la discussion de la situation actuelle et des options possibles pour satisfaire les besoins essentiels de la famille et apaiser les créanciers. Les options possibles comprennent la réduction des dépenses ou l’augmentation du revenu, ou la réduction des versements mensuels aux créanciers. Une réunion de ce genre est souvent très émotive alors que les familles doivent faire la distinction entre les désirs et les besoins essentiels.

Au cours de la rencontre suivante, le joueur à problèmes, son partenaire et son conseiller commencent à discuter des options possibles pour arriver à un plan financier réaliste. Emprunter pour que le plan soit réalisable est une option qui est découragée; en fait, cela ne devrait même pas être considéré comme une option, même si l’offre de prêt vient d’un membre de la famille. Préparez des copies des formulaires remplis pour que tous les intéressés puissent suivre les discussions plus facilement. Il faut aussi faire des copies de tous les formulaires supplémentaires pour démontrer les options et les distribuer.

Lorsqu’on discute des options possibles, il faut en examiner les avantages et les désavantages et l’effet que chaque option peut avoir sur le processus de traitement. Ceci devrait être une considération primordiale. Si on convient d’un plan réaliste, les formulaires définitifs peuvent être remplis et servir de guide pour la famille. Il faut envoyer une copie des formulaires à tout créancier qui a convenu d’envisager un plan de remboursement révisé.

Si le joueur a d’autres créanciers ou dettes qui n’ont pas été indiqués dans la liste des créanciers, c’est le moment de les révéler. Plus le plan se concrétise, plus il est difficile pour le joueur de dissimuler une dette pour laquelle il n’y a aucune attribution de remboursement dans le plan. Si d’autres renseignements sont révélés ou si les circonstances comme l’état d’emploi ou de revenu changent, cela peut avoir un effet direct sur les options disponibles. Si le conseiller et le client ne voient aucune option viable d’ici la fin de la deuxième rencontre, il peut être dans le meilleur intérêt du client de l’adresser à des services de conseillers en crédit.

Conseillers en crédit

L’Ontario Association of Not-for-Profit Credit Counselling Services compte vingt-sept organismes membres agréés dans toute la province. Certains de ces organismes ont des bureaux satellites afin de desservir les communautés avoisinantes. L’agrément a pour effet de garantir que l’organisme respectera des normes rigoureuses et que ses dossiers financiers de gestion et de programme sont examinés. Les services de conseillers en crédit peuvent venir en aide à ceux qui :

  • retardent le paiement de leurs factures
  • contractent des emprunts ou des avances en espèces pour payer d’anciennes factures
  • comptent sur le crédit pour leurs frais de subsistance quotidiens
  • se disputent pour des questions d’argent
  • reçoivent des lettres ou des appels perturbants de la part de créanciers
  • craignent ne jamais parvenir à se débarrasser de leurs dettes.

La première entrevue avec les services de conseillers en crédit est toujours gratuite. Selon la situation financière du client, l’organisme peut lui demander de faire une petite contribution pour les séances de conseils additionnelles. Les organismes de conseillers en crédit jouissent d’une excellente réputation et ils affirment que dans plus de 98 % des cas leurs programmes peuvent compter sur la coopération des créanciers.

Au cours de la première séance de conseils, un membre du personnel évaluera la situation financière du client. Ensuite, le conseiller travaille en collaboration avec le client afin de lui présenter plusieurs plans possibles. Si le client pense qu’il peut suivre le plan de lui-même, alors l’aide pourrait s’arrêter là. Si la personne a davantage besoin d’aide, le conseiller peut communiquer avec les créanciers et négocier un plan de remboursement facile à respecter. Une fois le plan négocié, le client remet un chèque visé ou un mandat aux services de conseillers en crédit et les fonds sont répartis entre les créanciers. Ces dispositions s’apparentent à un prêt de consolidation, dans ce sens que le client paie une seule source au lieu de chaque créancier individuellement, sauf qu’il le fait avec ses propres fonds et non des fonds empruntés.

Il est important de savoir quand avoir recours aux conseillers en crédit et quel impact cela aura pour votre client. Le fait de diriger un client vers une aide financière, surtout vers un différent organisme, peut diminuer sa motivation à se faire traiter. C’est seulement lorsqu’un client semble être sincèrement motivé et engagé à l’égard du traitement (habituellement après environ quatre semaines) qu’il peut être utile de l’adresser à un tel organisme. N’oubliez pas que les services de conseillers en crédit exigeront la participation d’un partenaire. Certains organismes ont une liste d’attente pour obtenir un premier rendez-vous. Renseignez-vous auprès du bureau dans votre région à ce sujet.

Enfin, si vous avez l’intention de collaborer avec les services de conseillers en crédit, il serait bon de rencontrer les conseillers financiers. Allez les rencontrer et expliquez-leur le processus de traitement et tout ce qui peut vous préoccuper. Les deux parties peuvent convenir de ne pas offrir les services financiers à moins que le client ne participe à un programme de traitement de la dépendance au jeu. Ce genre de disposition fonctionne déjà bien dans au moins une région de l’Ontario.

Propositions de consommateurs

Les propositions de consommateurs sont une autre possibilité de traiter avec les créanciers. Aux termes de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, le client peut demander à ses créanciers de prolonger le délai de remboursement de la dette ou d’accepter un pourcentage du montant qui leur est dû, ou encore une combinaison des deux. Lorsqu’une proposition de consommateur est faite, les créanciers non garantis (ceux dont la dette n’est pas garantie au moyen d’un privilège grevant un bien personnel) ne peuvent pas saisir le salaire ou les biens tant que la proposition n’est pas retirée, rejetée ou annulée, ou tant que le Surintendant des faillites n’a pas libéré l’administrateur parce que la proposition n’a pas été entièrement exécutée. Contrairement à une faillite, une personne qui fait une proposition de consommateur n’est pas tenue de vendre tous ses biens. Toute personne dont les dettes, à l’exclusion d’une hypothèque résidentielle, sont inférieures à 75 000 $ et qui n’est pas en mesure de les payer, peut faire une proposition de consommateur. Deux débiteurs qui ont une relation financière conjointe peuvent faire une proposition de consommateur conjointe, à condition que la dette totale ne dépasse pas 75 000 $.

Un droit de dépôt doit être payé au Surintendant des faillites et des honoraires doivent être versés à l’administrateur. Ces droits sont prescrits par les Règles sur la faillite et l’insolvabilité. Pour entamer une proposition de consommateur, le client doit demander l’aide d’un administrateur. Il peut s’agir d’un syndic de faillite ou d’une personne désignée par le Surintendant des faillites. On peut trouver les syndics de faillite dans les pages jaunes de l’annuaire téléphonique. On peut obtenir des renseignements sur les administrateurs désignés auprès du:

Bureau du Surintendant des faillites
situé dans l’édifice Trebla,
473, rue Albert, 2e étage,
Ottawa ON K1R 5B4,
téléphone : (613) 995-2994.

Une rencontre avec l’administrateur permettra d’établir le genre de proposition qui conviendra le mieux au client et aux créanciers. Une fois que les formulaires en bonne et due forme ont été déposés auprès du Séquestre officiel, l’administrateur a dix jours pour envoyer au Séquestre officiel un rapport dressant une liste des biens, des dettes et descréanciers du client.Le rapport doit comprendre une évaluation par l’administrateur de l’équité de la proposition et de l’aptitude du client à s’en tenir à la proposition. Une copie de la proposition et du rapport sera alors envoyée à tous les créanciers.

Les créanciers ont ensuite 45 jours pour examiner les données et décider s’ils veulent accepter ou rejeter la proposition. Si les créanciers ne répondent pas, ils seront considérés comme ayant accepté la proposition. Si un nombre suffisant de créanciers acceptent la proposition, celle-ci devient exécutoire.

  • Si la proposition est rejetée, le client n’est plus protégé par la Loi. Les créanciers peuvent intenter des actions en justice pour recouvrer leurs dettes.
  • Si la proposition est acceptée et si le client respecte les modalités, l’administrateur remettra au client et au Séquestre officiel un certificat de pleine exécution et le client sera libéré de toutes les dettes qui font partie de la proposition.
  • Si le client manque à ses engagements à l’égard de toute modalité de la proposition, celle-ci peut être annulée. Les créanciers peuvent alors revendiquer le paiement intégral des créances en souffrance de la part du client.

Procédures de faillite

Déclarer faillite devrait toujours être la solution de dernier recours.

La faillite est un acte judiciaire administré par un syndic qui peut décharger une personne de la plupart de ses dettes et empêcher des poursuites en justice de la part de ses créanciers. La personne qui déclare faillite doit céder tous ses avoirs au syndic, à certaines exceptions près, comme son mobilier essentiel. Le syndic vend alors tous ces avoirs et en distribue le produit entre les créanciers.

Deux personnes qui ont co-signé pour des dettes ou qui les partagent peuvent déposer une cession conjointe. Si le syndic croit qu’une cession conjointe est la meilleure chose à faire pour les débiteurs comme pour les créanciers, et si les dettes sont essentiellement les mêmes, il permettra de traiter les deux faillis en même temps. Cependant, si une des parties décide de ne pas déclarer faillite, elle sera quand même responsable de tout emprunt. La Loi sur la faillite stipule que le co-signataire d’un emprunt ne doit pas être dégagé de sa responsabilité financière. Autrement dit, si les parents d’un client ont co-signé un emprunt, ils sont tenus de le rembourser intégralement même si le client déclare faillite.

S’il est vrai que la plupart des dettes sont libérées dans une faillite, certaines ne sont pas admissibles. Toute dette découlant d’une fraude, d’une amende imposée par un tribunal, d’une créance alimentaire, d’une pension alimentaire à un conjoint ou à un enfant ou de dommages-intérêts accordés à la suite d’une agression ne sera pas libérée en vertu de la Loi sur la faillite.

Le processus commence quand le client rencontre le syndic qui évaluera les options de celui-ci et lui expliquera celles dont il peut se prévaloir. Si le client décide de déclarer faillite, deux formulaires doivent être discutés et signés. Le premier est une « cession » dans laquelle le client déclare qu’il transfère tous ses avoirs au syndic au profit des créanciers. Le deuxième est un « bilan de réalisation éventuelle », qui dresse une liste de tous les éléments d’actif et de passif, ainsi que les revenus et les dépenses du client. Le syndic demandera aussi des renseignements sur la famille, l’emploi du client et la liquidation des avoirs. Une fois que tous les documents auront été remplis et que le syndic les aura remis au Séquestre officiel, le client sera déclaré en faillite. Des droits de dépôt doivent être versés au Surintendant des faillites et des honoraires au syndic. Ces droits sont prescrits par les Règles sur la faillite et l’insolvabilité.

Après que les documents ont été déposés, les créanciers ou le Séquestre officiel peuvent exiger que le client réponde à des questions sous serment à propos de ses finances. En général, ces rencontres ne sont pas nécessaires. Les personnes qui font faillite pour la première fois sont automatiquement libérées à moins qu’un créancier, le syndic ou le Surintendant des faillites ne s’y oppose. Le client doit participer à des séances de conseils financiers avec un conseiller enregistré auprès du bureau du Surintendant des faillites, en deux étapes. La première étape a trait à la gestion de l’argent, aux habitudes de dépense et d’achat, aux signes avant-coureurs et à l’obtention et à l’usage du crédit. La deuxième porte sur les causes de la faillite et les options possibles pour un plan d’action financier. Le client peut aussi demander conseil pour un parent ou une autre personne avec laquelle il a une étroite relation financière.

Il est important de reconnaître que si les syndics sont des spécialistes dans leur domaine, ce ne sont pas des conseillers en matière de dépendance au jeu. Ils ne savent peut-être même pas que le jeu était un facteur qui est intervenu dans la faillite. Les syndics de faillite aident leurs clients en leur faisant des recommandations en fonction des intérêts financiers de ceux-ci. Les conseillers en matière de dépendance au jeu font des recommandations en fonction du processus de réadaptation et de rétablissement du client. Les recommandations faites par l’une et par l’autre des parties ne se complètent pas toujours.

La faillite peut, en fait, aider certains joueurs à reprendre le dessus. Après une faillite, il est beaucoup plus difficile d’obtenir des cartes de crédit ou un prêt auprès de banques, de caisses populaires et de sociétés de financement. Une faillite peut aussi être une leçon d’humilité pour ceux qui sont trop sûrs d’eux-mêmes. Par contre, une fois que le client est libéré de ses dettes antérieures, il dispose de plus de fonds dont il peut se servir pour jouer. Les joueurs à problèmes — surtout ceux qui sont convaincus qu’ils ont un problème financier plutôt que de jeu — ont besoin de conseillers en matière de dépendance au jeu pour les aider à reconnaître les situations très risquées qui peuvent suivre leur libération de faillite et à s’y préparer.

 

Lignes directrices utiles pour établir les dépenses familiales

Logement,y compris les services publics

(loyer ou hypothèque, téléphone, électricité, chauffage, câble)

35%

Nourriture

20%

Transport (assurance-véhicule, essence, immatriculation, entretien)

10%

Habillement

8%

Divertissements (activités récréatives)

5%

Soins de toilette et soins personnels

2%

Assurance(vie)

2%

Épargne(dépenses différées)

5%

Remboursement de dettes(Dettes à la consommation seulement)

13%

 

Moyens d’augmenter le revenu et de réduire les dépenses :

  • Est-il possible d’avoir un emploi à temps partiel ?
  • Est-il possible de vendre des véhicules supplémentaires et de se contenter d’un seul, même temporairement ?
  • Dans le cas d’un remboursement d’impôt, envisagez une diminution des déductions à la source, ce qui permet d’accroître le salaire net et de faire des paiements plus réguliers.
  • Est-il possible de trouver un logement moins cher ?
  • Est-il possible pour les enfants adultes de travailler et de payer une pension minimale ou tout au moins de subvenir à leurs propres besoins ?
  • Est-il possible de tenir une « vente de garage » et de vendre tous les articles dont vous ne voulez plus ?
  • Est-il possible d’éliminer la plupart ou toutes les activités récréatives qui coûtent cher ?
  • Pouvez-vous expliquer la situation à vos enfants, et leur demander de vous aider à économiser ? Une fois qu’ils comprendront la situation dans laquelle vous vous trouvez, ils pourront vous être d’un grand secours.
  • Pouvez-vous préparer des déjeuners pour emporter à l’école ou au travail et cesser de prendre des repas à l’extérieur ?
  • Éliminez la location de téléphones et autres services superflus.
  • Pouvez-vous éliminer l’adhésion à des clubs ou autres cotisations similaires, les abonnements à des journaux, des magazines, au câble ?
  • Un parent ou des amis peuvent-ils vous offrir des services de garde d’enfants à bon marché ?
  • Pouvez-vous vendre votre voiture pour en acheter une moins cher dont les versements mensuels, les frais d’assurance et d’entretien seront moins élevés ?
  • Réduisez vos frais d’épicerie.
  • Éliminez les assurances de faible valeur comme celle en cas de décès accidentel, ou l’assurance des dommages accidentels d’une vieille voiture.
  • Achetez les vêtements et cadeaux d’enfants dans des ventes de garage.
  • Considérez, si possible, les médicaments génériques et sans ordonnance — demandez à votre médecin si un véritable équivalent est disponible.
  • Pouvez-vous vous passer de l’air climatisé la plupart du temps, voire tout le temps ?
  • Faites sécher les vêtements sur une corde à linge; achetez des vêtements qui n’ont pas besoin d’être nettoyés à sec.
  • Demandez à votre pasteur, ministre, prêtre, rabbin s’il est possible d’arrêter temporairement les dons à l’église/au temple.

Formulaires

 

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