Roger Horbay

Plusieurs études ont examiné l’efficacité de différentes techniques comportementales utilisées pour changer les habitudes de jeu problématique. Blaszczynski, McConaghy et Frankova (1991) ont utilisé une des quatre techniques suivantes pour traiter 120 joueurs : désensibilisation imaginative, thérapie par aversion (technique qui n’est plus utilisée auprès des joueurs à problèmes), relaxation imaginative et exposition in vivo. Les résultats ont été encourageants. Dans un suivi moyen de six mois mené auprès de 63 clients, 18 ont déclaré l’abstinence, 25 le jeu contrôlé et 20 le jeu non contrôlé. Parmi ceux qui ont été traités par désensibilisation imaginative, 78 % avaient arrêté de jouer ou maîtrisaient leurs habitudes de jeu par rapport à 53,4 % de ceux qui avaient été traités par d’autres méthodes. Même si seuls les traitements comportementaux ont été suffisamment testés pour être jugés « efficaces », parce qu’ils se prêtent plus facilement à l’étude scientifique (Lopez et Miller, 1997), les interventions fondées sur l’apprentissage de techniques d’adaptation ne devraient pas inciter les conseillers à négliger les questions personnelles touchant les clients. Par exemple, un client peut avoir besoin de thérapie pour régler des problèmes matrimoniaux ou parce qu’il n’a pas fait son deuil d’un être cher. Certains clients veulent comprendre comment leur problème de jeu s’est développé. L’examen des questions qui préoccupent le client permet d’harmoniser les interventions à ses besoins et peut être une source de motivation importante.

Techniques de réaction à des stimuli

Les techniques de réaction à des stimuli — désensibilisation imaginative et relaxation imaginative — reposent sur l’hypothèse selon laquelle des stimuli ou des déclencheurs provoquent des réflexes conditionnés tels qu’un désir ou l’excitation qui disparaissent lorsque le sujet ne peut se livrer au comportement.McConaghy, Armstrong, Blaszczynski et Allcock (1988) ont comparé l’efficacité de deux techniques : la désensibilisation imaginative et la relaxation imaginative. On a constaté que les deux traitements réduisaient l’anxiété. Les joueurs qui se sont dits moins anxieux ont réduit leurs habitudes de jeu. La relaxation imaginative désigne l’apprentissage et la répétition de techniques de relaxation des muscles en réaction à l’anxiété. La désensibilisation imaginative intègre la relaxation imaginative dans un cadre de mécanismes d’adaptation à des situations de jeu de plus en plus porteuses d’anxiété.

Désensibilisation imaginative

La désensibilisation imaginative est une technique de relaxation guidée par l’imagination et fondée sur l’hypothèse selon laquelle la désensibilisation systématique permet aux personnes de contrôler leurs impulsions. Le client décrit quatre ou cinq situations au cours desquelles il joue ou pense à jouer. Ces situations sont classées selon l’envie de jouer, l’anxiété que chacune provoque et la difficulté pour le client d’y échapper. La désensibilisation imaginative débute alors. Le thérapeute enseigne au client des techniques de relaxation de cinq minutes au cours desquelles ce dernier apprend à tendre et à détendre des groupes musculaires. Lorsque la relaxation devient suffisamment automatique, le client passe d’une situation de jeu à une autre, allant des situations qui provoquent le moins d’anxiété à celles qui en provoquent le plus. De nouvelles situations sont présentées après que le client a visualisé la situation et y a fait face d’une manière détendue. Les scénarios sont habituellement enregistrés pour que le client puisse pratiquer les techniques pendant la semaine.

Techniques de relaxation musculaire

Les techniques de relaxation musculaire sont particulièrement importantes aux premiers stades du traitement. Elles visent à contrer l’anxiété et les désirs provoqués par des stimuli externes (p. ex., voir une annonce de loterie sur un panneau publicitaire) et internes (p. ex., sentiments de solitude desquels le client s’évade souvent par l’excitation et l’environnement social d’un casino) et favorisent la prise en charge de soi. Lorsqu’elles sont utilisées parallèlement à d’autres techniques thérapeutiques, le client peut rapidement accroître sa motivation et sa confiance de réduire ses habitudes de jeu ou d’arrêter de jouer. Les techniques de relaxation musculaire sont utilisées pendant tout le traitement. (La section 3.9, « Stratégies de changement et de prévention des rechutes », donne des précisions à ce sujet.)

Bibliographie

BLASZCZYNSKI, A., N.McCONAGHY et A. FRANKOVA. 1998. V. Lopez (éd.), Treating Addictive Behaviours, 2e éd., New York, Plenum Press.

LOPEZ, V.C., et W.R. MILLER. 1997. « Treatment approaches for pathological gamblers », Clinical Psychology Review, vol. 17, n° 7, p. 689-702.

McCONAGHY, ARMSTRONG, BLASZCZYNSKI et ALLCOCK. 1988. « Behavioural completion versus stimulus control in compulsive gambling: implications for behavioral assessment », Behaviour Modification, vol. 12, p. 371-384.

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