Qu’est-ce que le jeu problématique ?

Les trois noms le plus souvent utilisés pour décrire les habitudes de jeu excessif sont :

  • jeu compulsif ;
  • jeu pathologique ;
  • jeu problématique.

Jeu compulsif

L’expression « jeu compulsif », bien connue du grand public, est utilisée chez Gamblers Anonymes. Cependant, elle n’est pas tout à fait exacte puisque le jeu n’est pas un trouble compulsif. Dans le DSM-IV-R (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 4e  édition révisée), publication de l’American Psychological Association que les psychiatres utilisent pour diagnostiquer les problèmes de santé mentale, le jeu est classé dans les troubles du contrôle des impulsions. En gros, un trouble du contrôle des impulsions se définit comme une incapacité de résister à un acte impulsif. Cependant, on ne s’entend pas non plus sur la question de savoir si le jeu entre dans cette catégorie.

Jeu pathologique

« Jeu pathologique » est le terme diagnostique retenu dans le DSM-IV-R. Il désigne une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu que l’on retrouve chez les patients qui présentent au moins cinq des manifestations suivantes :

  • ils sont préoccupés par le jeu ;
  • ils ont besoin de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état d’excitation désiré ;
  • ils font des efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu ;
  • ils sont agités ou irritables lors des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu ;
  • ils jouent pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique (p.ex., des sentiments d’impuissance, de culpabilité, d’anxiété, de dépression) ;
  • après avoir perdu de l’argent au jeu, ils retournent souvent jouer un autre jour pour recouvrer leurs pertes (pour « se refaire ») ;
  • ils mentent à leur famille, à leur thérapeute ou à d’autres pour dissimuler l’ampleur réelle de leurs habitudes de jeu ;
  • ils commettent des actes illégaux, tels que falsifications, fraudes, vols ou détournement d’argent, pour financer la pratique du jeu ;
  • ils mettent en danger ou perdent une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu ;
  • ils comptent sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu.

Jeu problématique

« Jeu problématique » est le terme le plus courant au Canada. Il est descriptif et compatible avec la notion selon laquelle le problème de jeu peut être très grave ou mineur. Il n’est pas nécessaire d’avoir tout perdu avant de demander de l’aide pour le jeu « problématique ». Ce terme est donc plus global et plus inclusif. Il est souvent utilisé pour décrire des habitudes de jeu qui causent une forme ou une autre de préjudice. Le jeu problématique comprend le jeu compulsif et le jeu pathologique, mais ne s’y limite pas. C’est le terme le plus efficace parce qu’il ne stigmatise pas la personne qui a un problème de jeu comme peuvent le faire les expressions « jeu pathologique » ou « jeu compulsif ».

Pourquoi est-ce important de nommer ce problème d’une façon plutôt que d’une autre ?

C’est sur le comportement, c'est-à-dire le fait de jouer de façon problématique, qu’il faut se concentrer. Les gens ont le problème. Ils ne sont pas le problème. Par exemple, le fait d’appeler une personne un « joueur à problèmes » est réducteur et confine cette personne à une chose : un problème. Le fait de décrire la situation plutôt que d’étiqueter la personne, par exemple en parlant d’une « personne qui a un problème de jeu » ou d’une « personne affectée par le jeu », est moins culpabilisant et réduit la stigmatisation.