Le 15 mars 1999, le gouvernement fédéral levait l’interdiction de jouer aux dés, prévue dans une loi vieille de 611 ans. Richard III avait adopté cette loi dans les années 1380. Il estimait que ses archers passaient trop de temps à jouer à des jeux comme le backgammon et craignait que cela ne nuise à la sécurité du pays.
Le jeu n’est pas nouveau au Canada. En 1497, John Cabot a découvert une population autochtone qui s’adonnait à une variété de jeux de hasard. Ces jeux étaient importants pour le développement spirituel, émotionnel, mental et physique des nations autochtones. Si on retourne plus loin en arrière, on constate que des archéologues ont déterré des « bâtons de jeu » dont l’origine remonte à 6 000 ans av. J.-C. Chaque société semble avoir accepté le jeu, légal ou non, dans une forme ou une autre.
Histoire plus récente
En 1892, le Code criminel canadien interdisait totalement toute forme de jeu de hasard et d’argent. Au fil des ans, différentes formes de jeu sont devenues légales et un peu plus d’un siècle plus tard, le jeu est devenu un passe-temps national. En 2001, on retrouvait dans les provinces du Canada :
- 38 652 appareils de loterie vidéo dans 8 309 établissements ;
- 31 537 machines à sous ;
- 32 932 centres de vente de billets de loterie ;
- 1 880 permis de salles de bingo ;
- 59 casinos permanents ;
- 70 hippodromes (dont 20 où l’on trouve des machines à sous) ;
- 107 salles de paris hors piste.
Voici quelques chiffres qui témoignent de la croissance et de l’importance de l’industrie du jeu en Amérique du Nord :
- On estime que l’industrie du jeu aux États-Unis valait presque 73 milliards de dollars en 2004.
- Le premier casino permanent au Canada a été bâti à Winnipeg en 1989. En 2003, le nombre d’établissements permanents qui offraient des jeux sur table, des machines à sous ou les deux s’établissait à 76.
Au Canada, les revenus nets tirés des loteries, appareils de loterie vidéo et casinos administrés par les gouvernements sont passés de 3,2 milliards de dollars en 1993 à 11,8 milliards de dollars en 2003, soit environ quatre fois plus que les 2,7 milliards de dollars dépensés en 1992 lorsque les gouvernements comptaient moins sur les revenus tirés du jeu.
Le changement d’opinion sur le jeu
L’opinion publique sur le jeu a également connu des changements spectaculaires au cours du dernier siècle. À une certaine époque, la société voyait le jeu comme une manifestation diabolique. Considéré comme un péché, le jeu était également une activité illégale, suffisamment grave pour justifier l’emprisonnement.
À première vue, le jeu était associé à un mode de vie prestigieux et trépidant.
Le jeu était associé non seulement à la richesse et à la sophistication, mais également à une moralité laxiste et au crime organisé. Compagnon de tous les excès, le jeu était vu comme sordide, et c’est peut-être ce qui en faisait l’intérêt. Cette alliance du sordide et du sophistiqué suscitait l’enthousiasme des gens qui ressentaient le besoin de se défouler, mais le jeu était toujours considéré avant tout comme un vice.
- Péché : Le jeu est interdit et illégal.
- Vice : Le jeu est toléré à contrecoeur et isolé géographiquement.
- Divertissement : Le jeu est associé à des valeurs positives, encouragé et répandu.
Les années 1950 ont marqué le début de l’époque « Las Vegas », où les Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr. et Peter Lawford ont connu la gloire. Contrairement à ce qui se fait de nos jours, alors qu’il suffit parfois d’aller au dépanneur le plus proche pour s’adonner à un jeu de hasard, autrefois, on s’adonnait aux jeux légaux dans des « centres de villégiature », comme les appelait l’industrie touristique. À l’époque, on constatait dans la société une certaine tolérance du jeu, sans toutefois que cela ne représente un changement profond d’attitude.
Cependant, l’opinion de la société sur le jeu a récemment connu un virage spectaculaire. Le jeu représente maintenant un simple divertissement pour adultes, et la plupart des gens peuvent facilement s’y adonner.
La technologie et le jeu
Quiconque a regardé la télévision au cours de la dernière année a sûrement vu une émission ou une série qui traitait du jeu dans les casinos, notamment World Poker Tour au Travel Channel, World Series of Poker à ESPN, Las Vegas à NBC et American Casino, au Discovery Channel. Il est fort probable que l’intérêt des médias ne fera que s’accroître. Par exemple, plusieurs groupes d’investisseurs aux États-Unis s’emploient à devenir les premiers à lancer un réseau de télévision entièrement consacré au jeu. Le journal Washington Times rapportait récemment que des représentants du World Poker Tour estimaient que 100 millions de personnes aux États-Unis jouaient au poker au moins occasionnellement, comparativement à 50 millions de personnes il y a environ 3 ans.
Les téléphones cellulaires dans lesquels on peut télécharger des jeux comme le blackjack sont très populaires. En outre, avec l’avènement de la technologie numérique, il ne fait aucun doute que des pressions seront exercées pour que des jeux de hasard et d’argent soient offerts par la télévision interactive (bingo en direct, mises sur les courses de chevaux et les événements sportifs, jeu de style casino, etc.). Cette tendance est déjà présente au Royaume-Uni. À l’heure actuelle, on estime que le marché du jeu à la télévision au R.-U. vaut entre 250 millions de livres et 500 millions de livres, et on prévoit que ce secteur vaudra 2,8 milliards de livres d’ici 2007.
Le jeu sur Internet est particulièrement préoccupant. Selon un article d’Economist.com, il y aurait actuellement 1 500 sites Web de jeu. Des entreprises indépendantes situées dans des endroits comme les îles Caïmans exploitent la vaste majorité de ces sites, mais certains sont maintenant parrainés par les gouvernements. Il est illégal d’exploiter une entreprise de jeu en ligne au Canada. Pourtant, la British Columbia Lottery Corporation et la Société des loteries de l’Atlantique ont commencé à vendre des billets de loterie en ligne et, depuis quelque temps, l’hippodrome Woodbine permet à ses clients de miser sur les courses de chevaux par Internet.
Retour: Renseignements sur le jeu